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Carrière atypique : comment parler de vous ?

Donna con microfono su palco pubblicoVous avez une carrière atypique et vous constatez avec horreur qu’il y a toute votre vie sur votre CV : vos échecs, vos doutes, vos errements, la naissance de vos enfants, le temps où vous avez tourné en rond … La carrière atypique a quelque chose d’impudique qui vous laisse sans voix. Comment parler de vous et de votre parcours ?

Dépasser la sensation d’échec

 « Pas évident de parler de mon parcours : je n’en suis pas fier »

 On nous a appris à l’école qu’on est en situation d’échec quand on dévie de la norme. Conséquence : on assimile un parcours atypique à un échec de carrière. En réalité, le parcours parfait ça n’existe pas et c’est bien normal : il n’a pas d’utilité pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde a besoin de créativité et d’agilité et sur ce plan, on est assez forts…

 Dire quoi ?

« Ça fait 5 ans que je me trompe de chemin. Je passe pour une girouette aux yeux de tous et je n’ose plus évoquer mon cas »

En vérité, vous ne manquez pas courage pour parler de vous… Vous manquez de mots. Des mots qui ancrent votre identité professionnelle et votre positionnement. Des mots qui claquent ! Parler de soi, ça se prépare. Si l’on a tant de difficulté à parler de soi, c’est qu’on ne sait trop quoi dire. Impossible de dégainer le cv parfait derrière lequel on aimerait se cacher. Et c’est tant mieux car il est l’outil parfait pour éviter de vous recevoir : « envoyez-moi donc votre CV », et pour vous éviter de rencontrer du monde : « tu pourras lui faire passer mon CV ? ».

Se mettre en avant …

 « Je n’aime pas parler de moi, je n’ai pas l’habitude de me mettre en avant. Et puis, je n’ai pas envie de me justifier »

En latin, se mettre en avant se dit prostituare. Si voyez ce que je veux dire …
A l’opposé de la culture américaine show off des apparences positives, la culture française est dans la retenue. Quand à New York, on dit « Great ! », à Paris, on traduit « C’est pas mal ». Quand on a un parcours difficile à vendre, on a donc vite le reflexe de rentrer dans sa coquille. Or lorsqu’on ne communique pas, on envoie en réalité plein d’informations : « je n’ai pas envie », « Je n’ai pas le courage », « je ne sais pas quoi faire »…On ne peut pas faire l’économie de parler de soi.
Pour dépasser le sentiment d’imposture, adoptez le plan large : communiquez autant sur ce qui fait partie de votre métier que sur ce qui ne l’est pas, autant sur vos forces que sur votre vulnérabilité. N’hésitez pas à dire à votre réseau : « Ça, ça ne fait pas partie de mon champ d’action ». Il n’en donnera que plus de valeur à ce qui en fait partie.

Se taire, aussi !

 « Je suis allée voir des gens pour me renseigner sur le secteur et j’ai fait de super rencontres »

Quand on manque de confiance, on a tendance à en faire des tonnes pour se justifier. On oublie qu’une rencontre professionnelle doit être avant tout un échange entre deux personnes qui ont un intérêt mutuel à se rencontrer… Le plus important est de savoir écouter. Ecouter les autres parler d’eux plutôt que parler de soi!
Et aussi de savoir cibler précisément les personnes que vous brûlez de rencontrer. Vous constaterez qu’en général c’est réciproque ! Imprégnez-vous de leur vision, de leurs enjeux, reformulez ce qu’elles expriment.  Remplacez la lourdeur de parler de soi par la légèreté à être soi au sein de belles rencontres.

Lancez-vous !

« Je ne peux pas rencontrer les gens sans avoir revu mon profil LinkedIn »

Derrière le désir de perfection se cache le besoin de rester dans votre zone de confort, c’est-à-dire derrière votre ordinateur. Mieux vaut communiquer de manière imparfaite que pas communiquer ! Vous n’avez pas réponse à tout ? Tant mieux : entamez la discussion avec les autres, écoutez, observez, échangez. L’effet réseau est fulgurant alors attachez votre ceinture : « J’ai du mal à parler de mon projet. J’ai l’impression de ne pas être claire du tout. Pourtant, ça s’emballe vite : deux personnes m’ont déjà dirigée vers quelqu’un ».

Communiquez par l’action

 « J’ai toujours des scrupules à utiliser ce que je fais par plaisir pour les besoins de ma carrière »

N’hésitez pas à entrer dans l’action directement : les occasions de montrer vos talents en exercice sont multiples. Pas forcément sous forme d’un CDI, certes. Mais d’un partenariat lors d’une mission ponctuelle, d’un Think Tank dans un réseau professionnel, d’un coup de main sur un projet qui manque de ressources de compétences à court terme. J’ai beaucoup appris de cette manière : à faire des relations presse, de l’édition, écrire un livre, animer une conférence, etc. Ce sont des coups d’envie, et votre envie vous met en lumière de la plus belle manière. Au lieu d’être obnubilé par les entretiens de recrutement, entrez dans l’action avec ceux qui vous mèneront vers un job.

Surfez sur les atouts de votre profil atypique

« J’ai décroché un poste dans une agence de l’ONU, j’ai été repéré par le recruteur grâce à mon blog RH »

Je rédige de superbes CV atypiques. J’étais particulièrement fière de ma première réalisation : le mien. C’était comme un pied de nez à ce qui me semblait interdit… Mais il serait dommage de passer à côté du potentiel d’impact d’un profil atypique. Les personnes en parcours atypique ont passé leur vie à sortir du cadre, à se poser des questions sur elles-mêmes et sur leur environnement. Elles sont fortes d’intériorité et de vérité. Elles ont a leur disposition un puissant levier émotionnel où elles puisent leur motivation et leur impact. Tous les speakers des conférences TEDx sont des profils atypiques qui savent parler d’eux et de leur parcours … Oubliez le CV et adoptez la communication 2.0: un profil atypique a en germe une personnalité professionnelle et un pouvoir d’impact qui détonnent en réseau. Déployez-vous !

Dépasser la peur de ne plus garder le contrôle

 « Ce qui me freine, c’est qu’à partir du moment où je commence à parler de mon projet, il ne m’appartient plus »

A l’instant où on commence à parler de soi, on perd le contrôle. Et jusqu’à présent, ça nous allait bien de jouer à « attrape-moi si tu peux » pour conserver notre liberté chérie et cultiver notre besoin permanent de recherche de sens, d’équilibre et d’authenticité. Or l’intégration professionnelle implique de tricoter avec la réalité, et donc avec celle des autres.
Notre réussite en carrière atypique résulte de notre capacité à créer une homéostasie avec notre environnement local. Plus simplement : de notre capacité à comprendre ce que nous pouvons faire de plus utile et de plus excitant dans le monde d’aujourd’hui.

Et nous devons aussi dépasser la peur de réussir d’une manière spectaculaire, brillante, personnelle. Et devoir assumer cette réussite, changer aux yeux des autres.
Changer pour naître à soi.

Stéphanie Talleux
Accompagnement des carrières nomades et atypiques
stéphanietalleux.com
stephanie@stephanietalleux.com

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